Pourquoi est-il important de définir l’« ouverture »?

Rédigé par Herb Lainchbury (blogueur invité)

Le 18 juin 2013, le gouvernement du Canada a pris des mesures importantes pour renforcer son engagement en matière de données ouvertes au Canada. Parallèlement au lancement de son Portail de données ouvertes de prochaine génération, donnees.gc.ca, le gouvernement a lancé la nouvelle licence du gouvernement ouvert, appelée Licence du gouvernement ouvert – Canada, version 2.0. Cette licence est très conviviale et lisible, et la caractéristique qui me plaît le plus est sa conformité à la définition de savoir libre.

Pourquoi est-ce important?

Lorsqu’un diffuseur publie des données, les rend accessibles et lisibles, puis accorde l’autorisation explicite de les utiliser au moyen d’une licence associée, il peut sembler raisonnable de s’attendre à ce que ce diffuseur ait fait le nécessaire pour rendre ses données accessibles à d’autres utilisateurs. Ce serait le cas si ce diffuseur était le seul diffuseur sur la planète. Les gens auraient ainsi accès aux données et pourraient en prendre connaissance, lire la licence et comprendre si cette dernière accorde l’autorisation dont ils ont besoin dans le cadre de leur projet, puis utiliser (ou non) les données selon leur compréhension de la licence.

Or, comme il existe de nombreux diffuseurs, la démarche ci-dessus se divise en au moins deux grands volets. Tout d’abord, le fait qu’il existe de nombreux diffuseurs signifie qu’il existe de nombreuses licences. Chaque fois qu’ils utilisent des données, les consommateurs doivent lire et comprendre chaque licence de chaque diffuseur dont ils veulent les données : il s’agit d’un processus chronophage qui peut s’avérer ardu et nécessiter l’aide d’un avocat. En outre, ils se trouvent face à un problème encore plus complexe en ce qui a trait à l’interopérabilité. Si un consommateur de données souhaite combiner des données d’au moins deux sources, il doit comprendre s’il est autorisé à le faire et si les licences des données sont compatibles. Les données peuvent-elles être utilisées de façon à former un nouvel ensemble, et, le cas échéant, quelles sont les restrictions à cet égard? Que se passe-t-il si les licences proviennent de différentes régions? Quelles sont les lois qui s’appliquent? Si un consommateur de données doit consulter un avocat pour chacun des projets qu’il entreprend afin de bien comprendre ces questions, les coûts de telles consultations seront trop élevés pour la majorité des gens et la plupart des projets.

Tout cela nous mène à la définition du savoir libre. En 2005, une collectivité d’amateurs de données ouvertes a créé une définition du savoir libre inspirée d’une définition semblable élaborée pour les logiciels ouverts en 1998. Cette définition établit les principes qui définissent l’« ouverture » en ce qui a trait aux données et au contenu. Lorsqu’on sait qu’une licence est conforme à la définition du savoir libre, on élimine du coup la difficulté de comprendre les différentes licences et de savoir si les licences sont interopérables. Afin de veiller à ce que les données voulues puissent être utilisées et qu’elles soient interopérables, un utilisateur n’a qu’à vérifier si la licence est conforme à la définition.

Le seul et unique objectif des données ouvertes consiste à veiller à ce qu’elles soient utilisables et utilisées. La stratégie de données ouvertes d’une organisation devrait donc viser cet objectif, en rendant ses données les plus accessibles possible et en encourageant leur utilisation. Je tiens à féliciter toutes les personnes au sein du gouvernement du Canada qui ont contribué à la réalisation de cette initiative. Je crois que le jeu en vaudra la chandelle.

Herb Lainchbury est associé à Better Outcomes Consulting Inc., membre du Comité consultatif sur le gouvernement ouvert du gouvernement du Canada et membre du Open Definition Advisory Panel.

Les opinions exprimées dans ce blogue ne sont pas nécessairement celles du gouvernement du Canada.

Ajouter un commentaire